Au Japon, l’administration de Fumio Kishida, comme elle s’y était engagée, doit valider aujourd’hui, en conseil des ministres, la candidature de l’ancienne mine de l’île de Sado à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle a jusqu’à demain matin, heure de Séoul, pour soumettre les documents nécessaires au centre compétent de l’institution onusienne, basée à Paris.
Le Premier ministre nippon a officiellement annoncé la décision vendredi dernier. Une initiative qui a provoqué une levée de boucliers de la part de la Corée du Sud, car un millier de Coréens furent forcés d’y travailler dans des conditions difficiles pendant la Seconde guerre mondiale. Les deux pays voisins risquent de se livrer à une nouvelle polémique historique.
Tokyo n’a pas rendu public le contenu de la lettre de recommandation du site. Mais les officiels sud-coréens supposent qu’il n’y mentionne pas l’histoire de ces individus mobilisés de force durant la colonisation de la péninsule par l’Archipel, comme on le voit dans les documents rédigés par les autorités de la préfecture de Niigata, dont dépend l’île de Sado. Celles-ci n’y ont fait état que de l’ère Edo, de 1603 à 1867, pour exclure la période de l’occupation du pays du Matin clair, de 1910 à 1945.
Le gouvernement de Séoul s’organise pour bloquer cette « tentative d’inscription » du site. Il créera une task force regroupant les représentants des ministères concernés et des experts.
L’Unesco rendra sa décision en 2023.