L’amendement de la loi sur les syndicats, appelée loi de « l’enveloppe jaune », qui restreint l’action en dommages-intérêts du patronat à l'encontre des grévistes et limite le montant des éventuelles indemnisations, a été adopté hier, lors de la session plénière de l'Assemblée nationale.
Les syndicats ont salué cette adoption et ont appelé le gouvernement et le parti au pouvoir à cesser de demander l'exercice du droit de veto présidentiel contre cette loi. Ils ont également exprimé l’espoir que l’étendue de la responsabilité en cas de dommages dus à des actions de grève devienne claire et mette fin aux injustices et aux risques de pertes de vie des travailleurs.
En revanche, du côté de l’exécutif, le ministre de l’Emploi et du Travail Lee Jung-sik a immédiatement et clairement exprimé son opposition. Il a souligné que cet amendement entraînerait une augmentation de la fréquence des grèves, ce qui provoquerait de graves conflits sur les lieux de travail et porterait atteinte aux droits des travailleurs qui souhaitent travailler. Il a également indiqué explicitement que le gouvernement s’opposerait à la mise en œuvre de cette loi, en exerçant le droit de véto du chef de l’Etat.
Le patronat a également réagi vivement à l’adoption de l’amendement et a demandé au président de la République d’exercer son droit de véto. La fédération coréenne des entreprises (KEF) a publié hier une déclaration. Selon elle, cette loi risque de qualifier les chefs d'entreprise de criminels potentiels, et restreindre leurs activités de gestion. Avant de souligner que les lieux de travail seraient perturbés toute l’année par des conflits sociaux et des comportements illégaux, ce qui devrait gravement affecter les investissements des entreprises sud-coréennes, aussi bien que ceux directs des firmes étrangères.