Sur fond de crispation des relations Séoul-Moscou, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, en charge de l'Asie-Pacifique, est arrivé ce week-end à Séoul.
Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a fait savoir, hier, qu'Andreï Rudenko avait rencontré vendredi son homologue Chung Byung-won pour discuter des affaires bilatérales, de la guerre en Ukraine et d'autres questions liées à la sécurité mondiale.
Selon le ministère, le haut diplomate sud-coréen a fait part des critiques de Séoul concernant la coopération militaire Moscou-Pyongyang. Il a ensuite exhorté la Russie à agir de manière « responsable ». Il lui a ensuite demandé de faire en sorte d’éviter toute infraction aux droits légitimes des entreprises et ressortissants sud-coréens en Russie.
Le haut représentant russe a également rencontré, le même jour, Kim Hong-kyun, premier vice-ministre des Affaires étrangères, et Kim Gunn, négociateur nucléaire. Ce dernier a lui aussi exigé du Kremlin le respect strict de ses obligations auprès du Conseil de sécurité des Nations unies. Cela prend donc en compte l'arrêt immédiat de sa coopération militaire avec Kim Jong-un.
Rudenko a de son côté pointé du doigt les Etats-Unis, qui augmentent les tensions dans la péninsule, et réaffirmé la volonté de poursuivre la collaboration de son pays avec le royaume ermite.
Le ministère russe des Affaires étrangères s'est lui ainsi exprimé hier en ce sens, via un communiqué. D'après le texte, son représentant a transmis à Séoul sa volonté de collaborer avec Pyongyang dans le respect des normes internationales, en vue de renforcer leurs intérêts communs ainsi que la paix et la sécurité régionales. Ce sont, d'après le communiqué, les provocations américaines, qui encouragent, en leur faveur, ses alliés à exercer des projets militaires offensifs.
Andreï Rudenko est le premier haut fonctionnaire russe à visiter le pays du Matin clair depuis la prise de fonctions du président Yoon Suk-yeol. Et sa visite a attiré d'autant plus d'attention qu'elle se réalisait en pleine période de crispation des relations Séoul-Moscou.
Pour rappel : Yoon a souligné le 31 janvier dernier que le régime de Kim III était irrationnel car il a inscrit dans sa constitution le droit à l'usage préventif de l'arme nucléaire. Ses propos ont été qualifiés, le lendemain, de « grossiers et de biaisés » par le ministère russe des Affaires étrangères.
Mais Séoul n'a pas tardé à réagir en convoquant le même jour l'ambassadeur russe en Corée du Sud Guéorgui Zinoviev. Il a ainsi protesté contre la réaction de Moscou, qu’il a qualifiée d’« ignorante et de grossière ». Enfin, il a ajouté que ces propos déplacés du ministère russe négligent le fait que ce sont les menaces verbales et militaires de Pyongyang qui alimentent les tensions régionales.