Ce que le gouvernement voulait éviter à tout prix finit par se concrétiser : les résidents en médecine des hôpitaux universitaires (CHU) démissionnent en masse au pays du Matin clair.
Vendredi dernier, l'Association coréenne des internes et résidents (KIRA) avait annoncé que tous les jeunes médecins des cinq principaux CHU du pays soumettraient leur démission. Elle devait être effective à partir de demain matin à 6h. Cette action collective est une manière de protester contre les mesures d’extension du numerus clausus dans les facultés de médecine du pays. Elles ont été annoncées par le gouvernement le 6 février dernier.
Les CHU concernés sont celui de l'université nationale de Séoul, Severance de l’université Yonsei, le Samsung Medical Center de Séoul, l'Asan Medical Center de Séoul et enfin l'hôpital Sainte-Marie de Séoul.
Certains ont même déjà arrêté de travailler. Les résidents spécialisés en pédiatrie infanto-juvénile à Severance, notamment, ont quitté leur poste aujourd'hui à partir de 7h.
Selon le ministère de la Santé et du Bien-être, 715 démissions ont été soumises vendredi dernier, dans 23 des 100 CHU du pays. Et 103 de ces médecins qui ne travaillaient absolument pas ont reçu un ordre de retour à l’hôpital. Pour le moment, aucune démission n'a pas encore été acceptée. Malgré tout, il semblerait que les résidents et internes aient décidé d'arrêter leurs activités.
Au total, 13 000 médecins résidents travaillent dans les hôpitaux du pays. Leur démission aura donc un impact énorme sur le fonctionnement, à l’échelle nationale, du système médical.
Les étudiants en médecine, eux aussi, se mobilisent. Ils seront 20 000 à soutenir leurs aînés. En effet, tous, issus des 40 établissements du pays, ont décidé jeudi de soumettre des demandes d'interruption d'études.
En parallèle, les mesures gouvernementales se succèdent elles aussi. Une cellule de crise pour gérer les services médicaux a été mise en place au ministère ainsi que dans chaque collectivité locale. Il a été annoncé que les grands hôpitaux continueront de se concentrer sur les traitements des patients hospitalisés et gravement malades. Quelque 400 établissements dispenseront en permanence 24h sur 24 des services d'urgence.
Le ministre de la Santé, Cho Kyoo-hong, a également annoncé que les hôpitaux publics dont six de la Croix-Rouge verront leurs horaires d'ouverture prolongés. La consultation à distance, quant à elle, sera élargie. Il a ajouté qu'un soutien financier serait envisagé pour venir en aide aux établissements en cas de grève des médecins.
L'exécutif a ordonné aux établissements de soin de lui rapporter l’activité exacte des médecins sur leur lieu de travail. En effet, il veut être sûr qu’ils ne fassent pas juste acte de présence à l’hôpital. Selon la loi médicale, si les médecins refusent de manière collégiale de fournir des soins médicaux, il est possible de leur ordonner de reprendre leurs activités. Le non-respect de cet ordre peut non seulement entraîner une suspension de licence d’un an, mais aussi une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans.