L’équipe d’enquête spéciale, chargée de faire la lumière sur la tentative ratée de proclamation de la loi martiale du 3 décembre 2024, a présenté, ce matin, les résultats de ses investigations. Lors d’un point presse, le procureur spécial Cho Eun-suk a affirmé que Yoon Suk Yeol avait commencé à préparer une insurrection avant octobre 2023, pour neutraliser ses adversaires politiques par la force et pour monopoliser et conserver le pouvoir.
Selon les enquêteurs, l’ex-président aurait envisagé de déclarer un état d’exception dès le début de son mandat, alors même qu’il avait justifié son coup de force par la nécessité de contrer les demandes répétées de destitution formulées par l’Assemblée nationale à l’encontre de membres de son gouvernement, ainsi que sa supposée « dictature législative ». Plusieurs témoins auraient affirmé l'avoir entendu évoquer un plan de loi martiale entre 2022 et 2023. Des indices indiqueraient également que les préparatifs ont véritablement débuté en octobre 2023, avec un remaniement des hauts gradés des forces armées.
L’ancien chef de l'Etat aurait tenté de mobiliser l’armée afin de mettre au pas les pouvoirs judiciaire, législatif et administratif. Ses tentatives de couper le financement du Parlement, de créer un organe législatif d’urgence, de suspendre l’approvisionnement en électricité et en eau de certains médias, ainsi que d’appréhender plusieurs responsables politiques constitueraient autant d’éléments étayant cette hypothèse.
Cho Eun-suk a par ailleurs accusé Yoon Suk Yeol d’avoir cherché à provoquer la Corée du Nord afin de créer des circonstances militaires favorables pour passer à l'action, une tentative qui aurait échoué faute de réaction de la part de Pyongyang.
Enfin, l’ancien dirigeant aurait également recouru à une thèse de fraudes aux élections législatives afin de justifier une mise à l’arrêt des activités parlementaires.