La « loi fondamentale sur le développement de l'intelligence artificielle (IA) et la création d'une base de confiance » est entrée en vigueur aujourd’hui en Corée du Sud. C'est la première législation globale au monde consacrée à l’IA, et non d’une série de réglementations fragmentées.
Le texte met l’accent sur la promotion du secteur tout en cherchant à prévenir les risques liés aux usages jugés dangereux. A ce titre, le ministère de la Science et des TIC devra élaborer et mettre en œuvre, tous les trois ans, un plan directeur sur l’IA. L’Etat et les collectivités locales soutiendront également la recherche et le développement de produits et de services. Sur le plan réglementaire, la loi prévoit des dispositifs visant à réduire au minimum les risques potentiels de l’IA sur la vie quotidienne des citoyens et à garantir une utilisation sûre.
Les mesures les plus sensibles pour les acteurs du secteur concernent les systèmes d’IA à fort impact, l’obligation de signaler l’usage de l’IA, ainsi que celle de pouvoir expliquer son fonctionnement et ses décisions. Une supervision humaine et des garanties de sécurité sont également requises. A ce stade, seules les voitures dotées d’une conduite entièrement autonome, de niveau 4 ou supérieur, sont concernées. Toutefois, des services comme la santé, l'énergie ou le recrutement pourraient prochainement être visés.
Le gouvernement a par ailleurs annoncé un report d’au moins un an de l’entrée en vigueur des pouvoirs d’enquête et des sanctions financières. Néanmoins, des inquiétudes émergent quant à un possible frein au développement technologique, alors que l’Union européenne a elle-même repoussé l’application de sa législation sur l’IA, invoquant des risques pour la compétitivité du secteur. Des critiques pointent enfin le manque de clarté de certains critères réglementaires.