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Cinéma & dramas

Lee Joon-ik, l'historiophile

#Tout un cinéma l 2021-04-21

Séoul au jour le jour

ⓒYONHAP News

Le réalisateur vétéran mais toujours sur la brèche Lee Joon-ik est de retour avec le film « The Book of Fish ». Un film qui se confronte à un sujet de plus en plus sensible en Corée du Sud : l'histoire. Mais Lee a beaucoup de cordes à son arc. Il est passé des blockbusters du roman national aux films anarchistes indépendants, des films sur les musiciens rebelles qu'il vénère aux biographies historiques, sans compter les comédies entre amis. Bref, ce réalisateur est devenu incontournable dans le cinéma local sans pour autant avoir reçu la reconnaissance internationale qu'il mérite.


* Atermoiements

Il est clair qu'au début de sa carrière, Lee Joon-ik n'était pas vraiment certain de ce qu'il faisait. Après des études avortées de peinture à l'université Sejong de Séoul, il semble plutôt s'intéresser à la production qu'à la réalisation elle-même. En 1993, à 34 ans, il tente le coup avec « Kid Cop » une comédie à l'américaine sur des enfants. Ce n'est pas mauvais mais sans plus. Il retourna à la production avec « Spy » et surtout « Anarchists » en 2000, un film écrit par Park Chan-wook. Hélas, le film embourbé dans les reconstitutions historiques alambiquées – ce sera le principal problème de Lee Joon-ik durant toute sa carrière – n'est pas un succès. Il a l'idée de produire des comédies en costumes avec des effets fantastiques : ce sera « Hi Darma » et « Once Upon a Time in a a Battlefield » qui remportera un petit succès et stabilisera la carrière du cinéaste.


* Du Roi et le Clown à ses adieux

En 2005, Lee tourne « King and the Clown » qui inaugure de multiples façons cette nouvelle période du cinéma sud-coréen : un blockbuster renouvelant le roman national, l'introduction de l'homosexualité entre hommes et des hommes-fleurs, et le portrait d'artistes rebelles à toutes autorités. Cela fait beaucoup pour un seul film, mais Lee a réussi son pari de détourner la stratégie dominante vers ses propres objectifs. Il enchaîne d'ailleurs avec un petit film sur des musiciens « Radio Star ». Il va alors alterner la production et la réalisation avec à peu près toutes sortes de films. Mais sa dominante reste le contexte historique toujours dans la veine de la restauration traditionaliste du roman national. Citons notamment les films « Blades of Blood », le catastrophique « Battlefields Heroes » et « The Throne ». Malgré les succès, il passe par une crise personnelle et déclare vouloir abandonner le cinéma. Certains évoquent l'échec financier de plusieurs de ses productions, mais on peut y voir aussi l'échec critique de Lee qui se considère plutôt comme un artiste et un intellectuel. S'il aime les artistes et l'histoire, il lui faut cesser de broder le roman national. Ce sera sa dernière étape.


* Hope

La nouvelle phase de la carrière de Lee, qui a décidé de revenir au cinéma, commence avec le film « Hope » en 2013. Ce mélo est basé sur un horrible fait divers : le viol dans les toilettes d'une église d'une fillette de 8 ans. A moitié éventrée, la victime survit de justesse. Le violeur est un récidiviste connu, mais n'écope que de 12 ans de prison. Le procureur en charge de l'affaire s'avère une catastrophe et maltraite la petite convalescente. L'affaire fait scandale dans le pays. Sorti cinq ans après, le film avec la star Sol Kyung-gu, est un succès notamment en renversant l'habituelle opprobre qui pèse sur les filles violées. Lee Joon-ik se lance alors sur des projets à petits budgets avec des sujets historiques sérieux.


* Dong-ju et Park Yeol

Deux fims importants de Lee qui resteront parmis ses meilleurs, moins du fait de la réalisation que de leur sujet sont « Dong-ju : the portrait of a poet » et « Anarchist from the colony » qui traite d'un autre poète : Park Yeol. Dans le premier, Lee dépoussière l'image d'épinal très scolaire du poète. Il n'est plus seulement une icône anti-impérialiste mais aussi un homme avec ses plaisirs et ses misères. Quittant le noir et blanc de « Dong-ju », Lee fait un film haut en couleur pour célébrer les amours rebelles des anarchistes Park Yeol et Kaneko Fumiko. Sous le couvert d'une comédie surfant sur l'anti-japonisme officiel, le film relate la vie tumultueuse des « Bonnie and Clyde » d'Asie dans les années 1920. Pour la première fois, l'internationale est entendu dans un film sud-coréen, même si c'est en japonais. Bizarrement, Lee Joon-ik enchaîne sur un film de copains : « Sunset in my Hometown ». Ce méli-mélo entre potes est un flop pour le réalisateur. Quoiqu'il en soit, Lee enchaîne toujours dans sa verve historique sur « The Book of Fish » et le portrait d'un hermite néo-confucianiste Jeong Yak-jeon. En bute à l'idéologie officielle, ce dernier décide d'écrire un livre sur les poissons avec l'aide d'un jeune pêcheur. Tourné en noir et blanc, le film retrouve la star Sol Kyung-gu et un réalisateur qui est toujours sur la brèche.

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