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Cinéma & dramas

Ahn Sung-ki sur la brèche

#Tout un cinéma l 2021-06-02

Séoul au jour le jour

ⓒYONHAP News

Ahn Sung-ki est la star légendaire incontestée de l'histoire du cinéma sud-coréen. Il est passé par tous les changements de style importants : de ses débuts dans les années de plombs 1970 à la première nouvelle vague de la fin des années 1980 dont il a été l'égérie. Puis vinrent les blockbusters du roman national néo-nationaliste avant de le revoir s'investir dans des films indépendants tels ceux de Kim Ki-duk ou, actuellement, de Lee Jeong-guk dans « In the Name of the Son ».


* Un enfant de la balle

Ahn Sung-ki est quasiment né dans le cinéma de part sa famille. Il est devenu un acteur étant enfant. Mais sa carrière devient sérieuse en 1980 avec « A Fine Wind Day » de Lee Jang-ho. Un film précurseur de la nouvelle vague qui raconte comment trois prolo paumés (dont Ahn Sung-ki) s'amourache d'une bourgeoise. Mais leur destin est scellé par leur origine sociale. L'année suivante, le jeune homme est dans « Mandala », le premier film d'Im Kwon-teak, nouvelle mouture qui tente d'explorer la spiritualité bouddhiste. La carrière de Ahn est lancée, mais la situation du cinéma sous contrôle dictatorial est malsaine. Il joue dans le célèbre film érotique « Eo-udong » en 1985, encore de Lee Jang-ho, mais il devient incontournable avec les débuts de la nouvelle vague.


*Nouvelle vague

Ahn avec son jeu intériorisé dans le style de l'Actor studio américain, son look à la Robert De Niro, est parfait pour les jeunes cinéastes de la première nouvelle vague coréenne. Le film social « Chilsu et Mansu » de Park Kwang-su fait de Ahn une égérie de la nouvelle mentalité du pays qui vient de voir tomber la dictature des militaires. Il y incarne un fils de militant marxiste blacklisté par une société hostile. Il joue ensuite dans « The Age of Success » de Jang Sun-woo, la première parodie de la course à la réussite dans la société ultra-capitaliste locale. 


Ahn est alors dans tous les films de la nouvelle vague : Gagman » de Lee Myeong-se, « Nambugun » et « White Badge » de Chung Ji-young, « Berlin Report » et « To The Starry Island » de Park Kwang-su, encore. Il est même dans le dernier film hommage de Yu Hyun-mok « Mom, the Star and the Sea Anemone ».


*La star et les blockbusters

Après l'un des rares films naturalistes produit localement, « Spring in My Hometown » de Lee Kwang-mo, Ahn devient la star des films de la nouvelle industrie du cinéma restructurée entre 1995 et 1996. Des films de genre d'abord comme « Nowhere to Hide », « The Soul Guardians ». On le sent moins dans son bocal en homme d'action héroïque. Viennent ensuite les blockbusters des années 2000 : « Musa », « The Last Witness », « Silmido », « Duelist », « Hanbando », la plupart seront des films navrants dans lesquels Ahn semble juste prêter son image. Il semble s'en rendre compte et réoriente d'abord ses rôles vers des sujets de sociétés et puis des films indépendants.


*Le retour de la conscience

La vague des films sociaux contestataires des années 2010 est supportée par Ahn Sung-ki. Cela commence avec le film « May 18th » sur le massacre de Gwangju en 1980. Puis, en 2012, avec « Unbowed » sur la condamnation manipulée d'un professeur. Bien qu'il semble beaucoup plus impliqué dans ces nouveaux rôles, il continue cependant à faire la potiche dans des blockbusters comme « The Divine Weapon » ou « Last Knights » (film au casting et à la production internationale). Finalement, il rejoint les indépendants, notamment Kim Ki-duk pour son avant dernier film avant son décès. Ce sera « Human, Space, Time and Human ». Titre ambitieux mais on y voit Ahn en justicier qui aide une japonaise dont le mari a été assassiné à se venger de gangsters coréens liés à quelques riches potentats. L'ensemble se déroule sur un bateau avec Joe Odagiri en mari assassiné. Le film est sélectionné au festival de Berlin. Enfin, Ahn, tente de se refaire un nom dans le milieu indépendant avec « In the Name of the Son » pour Lee Jeong-guk qui revient sur l'insurrection de Mai 1980 à Gwangju. L'acteur, à 69 ans, a toujours envie de cinéma et n'a pas encore fini de nous surprendre.

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