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Cinéma & dramas

Ye Ji-won : l'éternel retour

#Tout un cinéma l 2022-05-04

Séoul au jour le jour


L'actrice Ye Ji-won est l'une des plus populaires dans le milieu des cinéphiles sud-coréens des années 2000. Sa dangereuse beauté Hitchcockienne en a fait rêver plus d'un, et à 49 ans, elle ne semble pas prête à baisser les armes. Depuis ses débuts en 1996 dans le sulfureux « Mulberry » jusqu'à « Vanishing » en 2021 en passant par une flopée de sitcoms, Ye Ji-won n'a pas cessé d’enflammer les écrans petits et grands. C'est ce que nous allons essayer de voir.


* Mulberry 

Disons-le d'emblée : on se trompe souvent sur les débuts de Lee Yoo-jung, le nom de naissance de Ye Ji-won. On la portraitise trop vite en égérie du célèbre réalisateur Hong Sang-soo. En fait, l'actrice a commencé par des études de danse avant de s'orienter vers les arts à la Seoul Institute of the Arts. Dès 1991, elle tient un premier rôle au théâtre puis dans une comédie musicale en 1995. En 1996, a 23 ans, elle est engagée dans un premier rôle au cinéma sans avoir jamais tourné dans un film auparavant. Elle a tapé dans l'oeil du réalisateur Kim Dong-myung chargé de tourner un remake du célèbre film érotique de 1985 « Mulberry » de Lee Doo-young avec l'actrice Lee Mee-sook (c'est aussi une adaptation d'un roman non moins célèbre). Bref, même si le film n'est pas un gros succès, cela commence fort pour Ye Ji-won entre danse et érotisme. 



* The Anarchists

Etrangement, la carrière de l'actrice ne démarre pas illico après « Mulberry ». Il lui faut attendre le film de Yoo Young-sik, « Anarchists » en 2000 pour retrouver un rôle au cinéma. Mais ce n'est pas n'importe quel film. Jugeons-en : le scénario a été écrit par le célèbre Park Chan-wook qui venait à l'époque d'avoir un gros succès avec « le film « JSA ». Et le producteur n'est autre que Lee Joon-ik qui en 2005 allait réaliser et produire l'un des plus gros succès du cinéma coréen, « King and the Clown » (en 2005). De plus, le film est tourné pour la première fois en co-production avec la Chine, et Ye Ji-won (aux côtés de la star Jang Dong-gun) se rend donc à Shanghai pour interpréter une légende de l'anarchisme, la célèbre Kaneko Fumiko, épouse japonaise du non moins célèbre Park Yeol, poète anarchiste coréen des Années Folles. Bref, c'était une sorte de super-production de l'époque, mais malheureusement, trop ambitieux dans son souci de reconstitution, le film est un flop.



* Hong Sang-soo et les sitcoms

Il semble que ces premiers faux départs au cinéma aient échaudé la plantureuse actrice, qui pourtant avait donné du sien en femme fatale lascive et à forte poitrine. La Judy Garland coréenne se tourne donc vers les sitcoms et elle ne va plus en sortir. Dès 2000, on la trouve dans « Tough Guy's Love » pour KBS. Puis, l'année suivante, dans « Girl's High School Days » pour SBS. Toujours à peu près dans les mêmes types de rôles pour ces pièces de théâtre filmées, elle obtient de bons succès en 2012 avec « Tasty life » pour SBS et « Dating Agency : Cyrano » en 2013 pour TvN. Mais c'est qu'entre temps, Hong Sang-soo lui a donné des rôles à sa véritable mesure. D’abord en 2002 dans “The Occasion of Remembering the Turning Gate ». 

Ye Ji-won fait fureur en amoureuse délaissée. Elle fait l’impasse sur les films produits par les Français de Hong Sang-soo et rejoint le célèbre réalisateur Jang Sun-woo au casting de la comédie érotique « So Cute » en 2004. Tout en cachetonnant dans les dramas TV, elle apparaît dans quelques films secondaires, avant de rempiler chez Hong Sang-soo pour le film « Hahaha » en 2010. Cruel, le cinéaste la place en second derrière l'actrice Moon So-ri. Néanmoins, cette gentille comédie est projetée au festival de Cannes et obtient le prix Un Certain Regard. L'année suivante, l'actrice apparaît dans le dernier film de Im Kwont'aek, vétéran du cinéma sud-coréen. L’hommage est beau mais peu de Sud-coréens iront voir le film. Il n'y a décidément que Hong Sang-soo pour sortir Ye Ji-won de sa routine dans les sitcoms.



* Période récente

Ye Ji-won apparaît encore dans deux films de Hong Sang-soo : « Nobody's Daughter » et « Our Sunhi », deux films de 2013. Jouer pour Hong est une marque de qualité pour les actrice locales. Hong a la réputation de créer une expérience émotionnelle et artistique hors du commun lors des tournages. En gros, il faut vraiment qu'une actrice se débarrasse des clichés de jeu et des poncifs enfilés comme des perles dans les dramas TV pour pouvoir exister dans une scène au réalisme cru d'un film de Hong. Même si elle n'a que des troisièmes voire des quatrièmes rôles dans ces films (elle n’en aura plus du tout après l'arrivée de Kim Min-hee comme égérie du cinéaste), Ye Ji-won a bien fait car cela lui a permis d'avoir une aura internationale (rappelons que « Our Sunhi » a obtenu le prix du meilleur réalisateur au festival international de Locarno) et d'être recrutée pour le film en coproduction française « Vanishing » en 2021. Aux côtés de la sculpturale ukrainienne Olga Kurylenko, Ye Ji-won enflamme l'image comme à son habitude et comme si les années n'avaient rien changé.

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