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Cinéma & dramas

Park Hoon-jung, cinéaste de la fureur et du sang

#Tout un cinéma l 2022-07-27

Séoul au jour le jour

ⓒYONHAP News

Tous le monde se souvient du choc que furent les films "I Saw the Devil" et "V.I.P". Ils sont signés Park Hoon-jung, pour le scénario du premier et pour la réalisation du second. Le cinéaste dont la marque allait devenir la fureur et le sang venait de faire son entrée non seulement sur la scène du cinéma sud-coréen mais aussi dans le milieu du cinéma de la transgression au niveau international. Par la suite, son parcours allait être moins balisé qu'il n'y paraît. C'est ce que nous allons voir.


 

* Sciences naturelles et armée

Les débuts du réalisateur Park Hoon-jung sont des plus intrigants. Il a fait des études de sciences naturelles avant de s'engager dans l'armée pour cinq ans. Inutile d'être un chamane pour imaginer un écho de ses débuts avec la violence machiste très militaire de ses films et leur goût pour la boucherie sanglante. Une autre influence de ses débuts sur ses films vient de ses premiers boulots dans les jeux vidéos. Park fait son entrée dans le cinéma en 2010 grâce à un concours de scénario pour Sidus, une société de production qui a pignon sur rue à l'époque. Avec "I Saw the Devil" pour le réalisateur Kim Jee-woon et "The Unjust" pour le réalisateur Ryoo Seung-wan, sa carrière est lancée.



* Premiers succès et premières réalisations

Le film "I Saw the Devil" avec l'affrontement épique des stars Choi Min-sik et Lee Byeon-hun est sélectionné au festival de Sundance et fait un tabac partout dans le monde. La violence et la torture envers les femmes (mutilations, attaque au marteau) atteignent un niveau jamais vu encore dans le cinéma local. La morale de la soldatesque imprègne le film : il n'y a ni sens ni but dans la violence et la tuerie, "juste fait le", comme disait le slogan de "Nike". Kim Jee-woon expliquera plus tard que le personnage du tueur en série joué par Choi Min-sik avait dans le scénario toute une histoire pour expliquer sa folie mais elle avait été supprimée pour le tournage. "The Unjust" commence aussi fort avec le viol et le meurtre de cinq lycéennes. Puis le film enchaîne sur la dénonciation au vitriol d'un système de corruption endémique à tous les niveaux du pays, de sa police à sa justice. Avec ses stars Hwang Jung-min et Ryoo Seung-bum, le film est un succès de box-office et fait le tour des festivals internationaux. Fort de sa réputation de scénariste de choc, Park se lance dans la réalisation de son premier film "The Showdown" en 2011. Nous sommes en plein boum des "heritage films" sur le nouveau roman national et les relectures nationalistes de l'histoire au cinéma. Park met du sien mais ce film en carton-pâte est un gros échec.



* V.I.P et ses suites

Park Hoon-jung change de crèmerie lorsque Sidus disparaît au profit de Next Entertainment. Il signe alors un gros succès de box-office local "New World". Un film de gangsters rétro, avec l'habituelle intrigue du flic infiltré, et aussi un "ensemble film" avec Choi Min-sik, Hwang Jung-min et Lee Jung-jae. La mode du moment accueille bien le machisme rétro du film. Park rempile trop rapidement avec un "heritage film" inutile si ce n'est pour faire mousser une dernière fois l'acteur Choi Min-sik. Ce sera "The Tiger" qui frôlera le ridicule avec un Choi affrontant un tigre de papier. Mais c'est que Park a un atout de poids dans sa poche : le film "V.I.P"; le premier à mettre en scène de riches nord-coréens issus de la nomenklatura et plus ou moins acoquinés aux services secrets du Sud, autour d'un trafic de jeunes filles qu'ils violent et mutilent à mort. On retrouve la meilleure verve de Park Hoon-jung qui réalise là son œuvre-au-noir grâce à la star devenue très sombre Jang Dong-gun. Mais les transgressions du film (rapport à la Corée du Nord, violence) gène la censure. Le film est sabré par une sortie en catimini mais devient un film culte au niveau international. C'est ce film qui a probablement attiré l'attention de Warner Bros et des Américains sur le réalisateur. La suite de la carrière de Park est mieux connue : il crée sa société de production "Geumwol" en 2016 et se lance dans la série des "The Witch". Cette fois, il peut mêler librement le fantastique des super-héros à son inspiration habituelle autour des jeunes filles et du gore. En 2018, en collaboration avec Warner Bros, « The Witch : Part 1. The Subversion » est un succès international. C'est ensuite en se rapprochant de Netflix que Park retrouve sa verve pour le film de gangsters avec "Night in Paradise" en 2020. L'ambiance de Film Noir, la présence féminine et la star Cha Seung-won ne parviennent pourtant pas à sortir ce film du déjà-vu. Il sera projeté au festival de Venise sans trop d'échos. Entre-temps, Park et Warner Bros ont refilé la suite de "The Witch" à Next Entertainment. Parvenu ainsi au sommet de carrière en à peine 10 ans, rare réalisateur-scénariste ayant monté sa propre société de production, rare cinéaste osant la transgression à travers une ultra-violence autour de personnages de jeunes filles, Park Hoon-jung est une révélation qui n'a peut-être pas encore dit son dernier mot sur les écrans.

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