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Sol Kyung-gu : une vie toute neuve

#Tout un cinéma l 2022-11-30

Séoul au jour le jour

ⓒC-JeS Entertainment

L'acteur Sol Kyung-gu représente à lui seul l'histoire récente du cinéma coréen. Après un début de carrière avec les meilleurs films des années 1990 comme « Peppermint Candy » de Lee Chang-dong ou « Public Enemy » de Kang Woo-suk, il a connu des déboires à la fois familiaux et professionnels. Mais la fin des années 2010 a vu revenir l'acteur au meilleur de sa forme.



* Avec la deuxième vague du cinéma coréen

Sol Kyung-gu est un acteur phare de ce qu'on nomme la deuxième vague du cinéma coréen ; celle qui l'a vu jouer dans des films importants comme « A Petal » de Jang Sun-woo, l'un des premiers films à mettre en scène le massacre de Gwangju en 1980. L'acteur à un visage très particulier, une sorte de regard à demi fermé par un œil rebelle. L'intensité de son jeu, qui joue sur le timing, fait merveille pour ces nouveaux rôles d'anti-héros du cinéma coréen. Citons le dans les films « Girl's Night Out » de Im Sang-soo, « Phantom : Submarine » ou encore « Rainbow Trout » en 1999. Sol perce au plus haut des stars coréennes avec « Peppermint Candy », l'histoire à rebours d'un blaireau de base qui rappelle le « Lacombe Lucien » de Louis Malle. Au moment où débute la vague des blockbusters qui va mettre fin à la deuxième nouvelle vague, Sol Kyung-gu hésite un peu : on le voit encore dans « Oasis » de Lee Chang-dong dans lequel il offre une performance inédite et indépassée en débile léger repris de justice et amoureux d'une jeune handicapée (interprétée par Moon So-ri). Mais il est aussi dans « Silmido » et « Rikidozan », des blockbusters à succès. Son rôle de catcheur coréen du Japon dans « Rikidozan » va faire de lui une idole au Japon. Les choses se compliquent par la suite.



*Le marasme des années 2000-2010

En s’éloignant des réalisateurs de la nouvelle vague, Sol Kyung-gu est récupéré par les films des monopoles et leurs blockbusters. Il prend pourtant une bonne décision en s’éloignant aussi des dramas de la télévision après la série « Prince Shotoku » pour la NHK. Nouvellement divorcé, il se fourvoie avec « Another Public Enemy » en 2005, puis « Voice of a Murderer » en 2006 avant de toucher le fond avec « Public Enemy Returns » puis « Haeundae » en 2009. Au creux de la vague, il tente bien un petit film « Une vie toute neuve » de Ounie Lecomte, une coréenne française d'adoption issue de la Fémis. Sol commence donc à réagir mais les monopoles le rappellent pour des rôles simplistes de têtes brûlées, de gangsters ou de pompier superman. On le retrouve donc dans « No Mercy », puis « Cold Eyes », le catastrophique « The Tower » et « The Spy : Undercover Operation ». Au milieu des ces films pompiers, en 2014 avec « My Dictator », il revient sur le devant de la scène avec un vrai rôle, celui d'un acteur envoûté par son rôle de copie de Kim Il-sung, le fondateur du régime nord-coréen. Mais suivent d'autres films médiocres comme « Lucid Dream » ou « Memoir of a Murderer » en 2017.



* Le nouveau Sol Kyung-gu ?

Remarié depuis 2009 avec l'actrice Song Yoon-ha, on sent que l'acteur, désormais star inter-asiatique, a du mal à se défaire de ses engagements auprès des monopoles de production. Pourtant, on repère une inflexion récente dans la carrière de celui qui devient un acteur plus âgé, aguerri dans son jeu qui a pourtant été sous exploité par tant de films. Il est notamment un vieux sage confucéen rebelle dans « The Book of Fish » du toujours excellent Lee Joon-ik en 2021. Il joue encore un rôle lourd de sens dans « Kingmaker » en 2022. Il y interprète rien moins que le président Kim Dae-jung, prix Nobel de la paix condamné à mort par les dictateurs sud-coréens. Il renoue ainsi avec des rôles risqués qui peuvent entraîner des polémiques. En 2022, il est au générique de pas moins de quatre films : « Kingmaker », « Yaksha : Ruthless Operation », « I Want to know your Parents » et « Boys ». Presque tous sont des films d'action, souvent des thrillers avec Sol Kyung-gu en dur à cuire. Bien qu'ils ne soient pas encore tous sortis sur les écrans, l'acteur semble plein d'énergie pour retrouver sa place dans le panthéon des acteurs coréens.

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