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Wianbu : Séoul envisage de faire appel à la CIJ

#Gros plan sur l'actualité l 2021-02-20

Journal

ⓒYONHAP News

Une nouvelle perspective émerge pour résoudre le différend entre Séoul et Tokyo sur l’esclavage sexuel perpétré par l’armée japonaise pendant la Seconde guerre mondiale.


C’est Lee Yong-soo, ancienne « femme de réconfort », qui a demandé de porter cette affaire devant la Cour internationale de justice (CIJ) lors d’une conférence de presse organisée mardi. Cette dame de 93 ans, l’une des dernières victimes encore en vie, a appelé le gouvernement sud-coréen à prendre une telle initiative afin d’établir les crimes du Japon en vertu du droit international et d’inciter Tokyo à se repentir véritablement. Selon elle, les deux pays devraient régler cette affaire une bonne fois pour toutes en obtenant le verdict de la CIJ et se mettre en bons termes, au lieu de « s’engueuler sans cesse ». Et elle a exhorté le Premier ministre japonais Yoshihide Suga à « aller ensemble ».


Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a réagi le jour même lors d’un briefing régulier. Son porte-parole Choi Young-sam a affirmé que l’exécutif allait « examiner attentivement » cette demande et écouter davantage les victimes.


Lee Yong-soo représente un comité civil ayant pour vocation de porter le dossier des « wianbu » devant le tribunal de la Haye. Cette ONG a été récemment fondée à l’aide de Shin Hee-seok, membre de l’Institut des études juridiques à l’université Yonsei, à Séoul. Selon ce chercheur, les victimes ne réclament pas une indemnisation financière, mais de faire en sorte que le Japon présente ses excuses, reconnaisse sa responsabilité et assure l’enseignement de l’Histoire, ce à quoi l’action judiciaire menée seulement en Corée du Sud ne pourrait pas parvenir. Selon le juriste, l’Archipel continuerait à prétendre que le droit des individus à demander une indemnisation a expiré suite à la signature de l’accord de 1965 visant à rétablir les relations diplomatiques Séoul-Tokyo, et il est donc impératif de saisir la CIJ afin de faire reconnaître la position des anciennes femmes de réconfort, soulignant qu’il s’agissait d’un acte illégal même au vu du droit international appliqué à l’époque. D’après Shin, quel que soit le verdict, la cour sera amenée à se prononcer sur l’illégalité du système d’esclavage sexuel et à enregistrer les témoignages des victimes livrés au cours du procès.


C’est la première fois que le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a évoqué officiellement une telle possibilité. Certains y voient un changement d’ambiance. Autrefois, alors que Tokyo demandait de saisir la CIJ, Séoul préférait lui demander de présenter ses excuses en toute sincérité. Cependant, certains se montrent réticents. La Cour internationale de justice est certes le principal organe judiciaire des Nations unies. Cependant, la Corée du Sud n’a pas souscrit la clause de juridiction obligatoire prévoyant que ce tribunal soit automatiquement compétent pour tout conflit opposant des pays membres. Autrement dit, un consentement s’impose entre les deux nations pour lancer une procédure devant cette cour. Par ailleurs, le timing ne serait pas bon. Une telle initiative pourrait permettre de résoudre pacifiquement cette affaire, mais risque d’envenimer davantage les relations Séoul-Tokyo déjà fortement aggravées.

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