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Park Hae-il à tous les étages

#Tout un cinéma l 2022-09-28

Séoul au jour le jour

ⓒYONHAP News

L'acteur Park Hae-il est arrivé au sommet de sa carrière commerciale en apparaissant cette année dans deux films importants du cinéma en Corée du Sud : « Decision to Leave » de Park Chan-wook et « Hansan : the Rising Dragon » de Kim Han-min. Interpréter l'amiral Yi Sun-sin équivaut à être intronisé au plus haut niveau des stars comme l'a été avant lui l'acteur Choi Min-sik avec le succès que l'on sait. Revenons sur les dernières années de Park Hae-il.



* Sur la route

Park Hae-il n'avait pas vraiment trouvé son créneau parmi les acteurs du pays. Ses débuts avec « Waikiki Brothers » de Yim Sun-rae puis « My mother the Mermaid » aux côtés de Jeon Do-yeon avaient été prometteurs. Mais il lui fallait encore sortir du lot des acteurs à la belle gueule de jeune premier. Sa prestation dans « The Host » de Bong Joon-ho lui a d'abord donné un peu plus de profondeur en 2006. Mais les années qui suivent sont peu brillantes pour l'acteur qui joue dans des films vite oubliés : « Modern Boy », « Good morning President » ou encore « Heartbeat » et le terrible « War of Arrows ». Il se tourne alors vers les cinéastes indépendants comme Zhang Lu et son «Gyongju », puis « Santa Barbara » de Lee Sang-hyun, bref rien de bien brillant non plus. Mais en 2014, toujours en flirtant avec les indépendants, Park se fait un nom dans les films engagés : d'abord « Whistleblower » de Yim Sun-rae encore, où il est un journaliste incorruptible qui s'attaque à un ponte de l'université de Séoul, et dans « My Dictator » où il joue à merveille le fils d'un acteur (Sol Kyung-gu) qui se prend pour le dictateur Kim Jong-il. Cette fois, sans jamais mettre les pieds dans les TV dramas des familles, Park Hae-il s'est fait une renommée méritée.



* High Society

Les producteurs des compagnies l’appellent en 2017 avec des films nationalistes lourdauds comme « The Last Princess » et « The Fortress ». Mais c'est avec « High Society » de Byun Hyok que Park prend une autre ampleur. Il y interprète un professeur qui se fait manipuler par des politiciens, eux-mêmes au service d'un riche obsédé sexuel interprété brillamment par Youn Jae-moon. Auprès de l'actrice Soo Ae, Park montre qu'il n'a pas peur de quelques scènes sexy comme on en voit rarement dans les films de Corée du Sud. Comme dans « The Whistleblower », il se met du côté des opprimés sans se mettre dans la peau d'un héros. C'est peut-être la recette la plus réussie pour les rôles de Park, malheureusement, les films des monopoles l'entendent autrement et voient en lui un énième héros de base. Park esquive le piège avec un film indépendant de Zhang Lu, encore, « Ode to the Goose » puis « Heaven : To the Land of Happiness » de Im Sang-soo. Ce dernier film aurait du être un point crucial dans la carrière de qualité de l'acteur, qui joue aux côtés de Choi Min-sik, mais le film est plombé par l'épidémie, puis retardé indéfiniment. Projeté dans les festivals, il attend encore une sortie digne de ce nom en Corée du Sud. Les récents succès de Park Hae-il pourraient le permettre.



* Decision to leave et Hansan

La compromission de Park avec les monopoles se voit dans ces deux derniers films, l'un pour CJ Entertainment « Decision to Leave » de Park Chan-wook, l'autre pour Lotte Entertainment « Hansan : the Rising Dragon ». Evidemment, le premier est d'un niveau bien supérieur grâce à la touche postmoderne de Park Chan-wook. Mais on sent le film calculé pour jouer sur la star Tang Wei, autrefois célèbre pour ses scènes de sexe avec la star Tony Leung Chiu Wai dans « Lust Caution ». Park tente d'être l'homme brillant au regard intense et torride, mais il reste malheureusement loin d'un Tony Leung,  d'un Leon Laï ou d'un Leslie Cheung, les stars de Hong Kong. Ce film, cependant, en remportant le prix de la mise en scène à Cannes, va peut-être ouvrir des portes sur la scène du cinéma international à l'acteur, qui le mérite bien. Sauf si le film « Hansan, the Rising Dragon » venait à lui porter préjudice. En effet, cette lourde reconstitution historique ne laisse à Park aucune marge pour exprimer son jeu d'acteur qui se veut délicat comme ce fut le cas dans « High Society », par exemple. Dans « Hansan » il a l'air aussi engoncé que Choi Min-sik l'était dans le film sur le même général « Roaring Currents ». Mettons cela sur le dos de l'uniforme de dragon des mers qui ne sied pas du tout au sémillant Park Hae-il.

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