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A la loupe

A Berlin, la statue « Fille de la paix » est en sursis

#Gros plan sur l'actualité l 2020-10-17

Journal

ⓒYONHAP News

Le sort est en suspens pour la « Fille de la paix », une statue érigée dans un quartier résidentiel de l’arrondissement de Mitte, à Berlin, en l’honneur des victimes de l’esclavage sexuel de l’armée japonaise durant la Seconde guerre mondiale. Cette œuvre ne sera pas retirée jusqu’à ce que la Justice allemande rende son verdict.


Voici la chronologie des faits. La Korea Verband, une association civile locale, a pris l’initiative de l’installer. Elle avait obtenu l’autorisation de la mairie de Mitte en juillet dernier. Et la « Fille de la paix » a été officiellement inaugurée le 28 septembre. Mais contre toute attente, l’arrondissement en question a ordonné, le 7 octobre, son retrait avant le 14 octobre. Une notification en ce sens a été envoyée à l’association coréano-allemande. Ce qui a provoqué un vif émoi. Cinq jours plus tard, la Korea Verband a déposé un recours en référé devant le tribunal administratif de Berlin afin de demander la suspension de l’ordre municipal. L’arrondissement de Mitte a annoncé, mardi, qu’il attendrait la décision de la Justice sans prendre aucune mesure supplémentaire liée à son ordre de retirer la statue.


Pour rappel, la « Fille de la paix » a été créée en mémoire des wianbus, mais elle sert aussi à attirer l’attention sur les droits des femmes victimes de toutes les guerres dans le monde entier. En raison de sa valeur universelle, cette statue est installée en Corée du Sud, mais aussi dans d’autres pays du monde. Il en va de même pour l’Allemagne où toute installation d’une œuvre plastique dans un espace public est soumise à une délibération très exigeante en termes de valeurs artistique et social, sans oublier l’opinion des riverains du quartier.


La mairie de Mitte a tenté de justifier son volte-face en disant qu’elle n’avait pas été informée à l’avance de l’installation d’une plaque d’information à côté de cette statue, plaque dont le texte dénonce les exactions sexuelles de l’armée nippone, ce qui a provoqué, selon elle, des tensions entre Berlin et Tokyo. En réalité, à en croire les plus avisés, l’arrondissement allemand aurait cédé à la pression japonaise.


Quel sort sera alors réservé à la « Fille de la paix » ? Elle devrait être maintenue étant donné qu’une vive manifestation s’est levée en sa faveur non seulement à Séoul mais aussi à Berlin, comme en témoigne le soutien public de la part de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. Toutefois, il faudra trouver un compromis comme l’a laissé entendre le maire de Mitte. Il s’agirait probablement de corriger le texte controversé de la plaque de sorte à mettre davantage en relief l’enjeu des femmes victimes de la violence sexuelle dans les conflits armés du monde.

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