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Cinéma & dramas

Failan est de retour

#Tout un cinéma l 2021-12-08

Séoul au jour le jour


Le célèbre film « Failan » est de retour sur les écrans sud-coréens. Avec la star de la canto-pop hongkongaise de l'époque Cecilia Cheung au casting et un Choi Min-sik alors en pleine ascension dans son pays mais avant « Old Boy », le film, adapté d'une nouvelle japonaise de Jiro Asada, avait été l'un des plus grands succès de l'année 2001 pour le cinéma sud-coréen dans le monde. « Failan » tiendra-t-elle la route 20 ans plus tard ?


* L'un des premiers films sud-coréens sur l'immigration

En 2001, le sujet de « Failan » représentait une nouveauté dans le paysage du 7e art sud-coréen. En effet, presque pour la première fois dans un film mainstream, on parlait d'immigration. Ici, il s'agit de la jeune et belle Failan toute droite venue de Chine. A cette époque, les médias ne parlent pas encore de mariages arrangés entre Coréens et des femmes d'Asie ni d'immigration illégale. Tout cela va changer quelques années plus tard quand les autorité sud-coréennes vont officialiser le pays comme terre d'immigration internationale. Mais revenons à Failan jouée par une Cecilia Cheung alors au sommet de sa beauté fragile. On apprend qu'elle a épousé un gangster roublard joué par Choi Min-sik pour obtenir un visa. Le tout est combiné par un gang mafieux sud-coréen qui n'a d'autres vues que de faire de Failan une prostituée dans un de leurs bordels de province. Le faux mari ne veut même pas la voir mais de toutes façons la jeune femme est malade de tuberculose. Une prostituée qui crache du sang ne rapporte pas donc elle devient blanchisseuse et passe son temps à rêver de son faux mari dont elle n'a qu'une photo.


* La mafia et la rédemption

Si on considère l'histoire de la jeune Chinoise, on pourrait penser à un drame de l'immigration et un mélo sur le destin des jeunes femmes d'Asie. Mais toute la première partie du film est destinée à faire le portrait du gangster minable joué par Choi Min-sik. Brimé comme un chien par ses chefs comme il brime comme des chiens ceux qu'il domine à Marseille, on dirait qu'il est une « bouche », c'est-à-dire qu'il ne fait que parler pour cacher les situations minables dans lesquelles il s'est enfermé. Il devient tragique quand il rêve de tout quitter en bateau et de retourner dans son village natal. Le déclic lui vient quand il apprend la mort de sa fausse épouse Failan et qu'il regarde pour la première fois sa photo. Le déclic est plutôt dur car il va prendre en charge la mémoire de la disparue comme gage de sa rédemption.  


*Tristes tropiques

La réception du film « Failan » a pu surprendre tant le mélo semble affleurer. Pourtant, le scénario tient bon la corde de la tristesse, du tragique et évite l'apitoiement et la surenchère sentimentaliste des mélo. Evidement, le public féminin aura reconnu la métaphore : il s'agit de celle de la bête et la belle. Le gangster, c'est l'homme vaurien mais touchant, et la belle c'est la femme, innocente comme une porte de prison, mais fascinante par ses apparences de cadeau de la nature. 


* Le film d'après

« Failan » avait manqué de peu les honneurs du festival de Cannes. Il faut dire que Choi Min-sik y était présent avec le film « Happy End » l'année précédente. Deux ans plus tard, l'acteur deviendra une star internationale avec « Ivre de Femme et de Peinture » de Im Kwon-taek et « Old boy » de Park Chan-wook. Les choses seront plus compliquées pour le réalisateur Song Hae-sung. Il est arrivé pourtant au bon moment du lancement des nouveaux films de genre à gros budget dans le pays. Il était assistant sur « Born to Kill » par exemple. Toujours attiré par l'inter-asiatisme, après Failan, il fait le choix d'un gros budget crypto-nationaliste : « Rikidozan », le portrait d'un lutteur coréen du Japon. Le film n'est pas un franc succès. En 2006 « Maundy Thursday » avec la star Gang Dong-won sur une histoire de Gong Ji-young casse la baraque en 2006. Rien est encore joué. Mais c'est le retour vers Hong Kong qui plombera la carrière de Song : l'échec du remake de « A Better Tomorrow » de John Woo. Quant à Cecilia Chung, elle reviendra en Corée du Sud pour « Dangerous Liaisons » de Hur Jin-ho en 2011.

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