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6e round (phase 1)

Grandes lignes

Grandes lignes
Lieu et place 19-22 mars 2007, Pékin (Chine)
Représentants
  • Chung Yung-woo, représentant spécial pour la paix dans la péninsule coréenne et les questions de sécurité
  • Kim Kye-gwan, vice-ministre des Affaires étrangères
  • Christopher Hill, assistant secrétaire d’Etat pour l’Asie de l’Est et le Pacifique
  • Wu Dawei, vice-ministre des Affaires étrangères
  • Kenichiro Sasae, directeur général du bureau des affaires asiatiques et océaniques, ministère des Affaires étrangères
  • Alexander Losyukov, ministre adjoint des Affaires étrangères

Résultats

On attendait des résultats de ce 6ème round de pourparlers, à cause de l’accord passé entre Washington et Pyongyang sur le dégel des fonds nord-coréens bloqués dans les comptes de la Banco Delta Asia. Mais la Corée du Nord avait spécifié qu’elle ne participerait à la rencontre qu’une fois l’argent effectivement débloqué et transféré. Le retard pris pour ce transfert, causé par des problèmes techniques, a empêché les négociations nucléaires de se poursuivre comme prévu. Conséquence : les pourparlers se sont interrompus sans qu’aucune date ne soit fixée pour le prochain rendez-vous.

Les parties en présences sont d’accord

Les six pays participant n’arrivent à se mettre d’accord sur aucun point précis, et se contentent de réaffirmer ces principes :

- poursuivre le processus des pourparlers à six pays de Pékin ;
- poursuivre fidèlement les objectifs des déclarations communes du 19 septembre 2005 et du 13 février 2007 ;
- interrompre la session et se réunir de nouveau à la première opportunité.

Déclaration du président, 22 mars 2007

La première phase du 6ème round des pourparlers à six pays sur le nucléaire nord-coréen s’est tenue à Pékin du 19 au 22 mars 2007.

Les parties en présence ont écouté les rapports rendus par les cinq groupes de travail, et mené des discussions en vue d’appliquer les actions initiales et le plan d’action pour action d’ici la prochaine phase de discussions.

Les parties en présence se sont mises d’accord pour continuer à faire progresser les pourparlers à six pays. Elles réaffirment qu’elle poursuivront fidèlement les engagements pris dans le cadre de la déclaration commune du 19 septembre 2005 et les actions initiales prévues pour l’application de la déclaration commune du 13 février 2007.

Les parties en présence sont d’accord pour suspendre la rencontre et la reprendre à la première opportunité possible, afin de continuer de discuter et d’élaborer un plan d’action en vue de la phase suivante.

Déroulement des discussions

  • Groupes de travail
    Avant la reprise des pourparlers, les cinq groupes de travail s’étaient réuni pour examiner les tâches qui leur avaient été imparties dans le cadre de l’accord du 13 février 2007.
    Deux groupes de travail, concernant la normalisation des relations diplomatiques de la Corée du Nord avec les Etats-Unis et avec le Japon se sont rencontrés, respectivement à New York et Hanoi. Les trois autres groupes se sont vus à Pékin, entre le 15 et le 17 mars. Ils ont discuté de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, de la fourniture à la Corée du Nord d’une assistance économique et énergétique, et de l’établissement d’un mécanisme de paix et de sécurité en Asie du Nord-est.
  • Ouverture
    On attendait des résultats de ce 6ème round de pourparlers, à cause de l’accord passé entre Washington et Pyongyang sur le dégel des fonds nord-coréens bloqués dans les comptes de la Banco Delta Asia. On pensait donc que les six pays impliqués allaient facilement mettre en place une feuille de route précisant les premières mesures du gel et de la mise sous scellées, dans les 60 jours, des installations nucléaires de la Corée du Nord, suivis par leur mise hors-service et par la publication de sa liste complète des programmes et installations nucléaires.
    Le 19 mars, après la cérémonie d’ouverture de la rencontre, les chefs des délégations ont fait un discours. Le responsable nucléaire nord-coréen, Kim Gye-kwan, profite de l’occasion pour expliquer que son pays arrêtera les activités du site de Yongbyon aussitôt que les fonds de la Banco Delta Asia lui auront été restitués. Il exprime aussi sa satisfaction de voir ce problème réglé, assurant que « le printemps était arrivé à Pékin ».
  • Le refus de Pyongyang
    Et pourtant, les pourparlers heurtent un écueil quand la délégation nord-coréenne refuse de participer aux discussions jusqu’à ce que le transfert de fonds de la Banco Delta Asia soit complètement terminé. En fait, Kim Gye-kwan refuse de quitter son ambassade à Pékin. Les négociateurs nord-coréens participent à certains contacts bilatéraux au niveau des groupes de travail, mais les résultats concrets sont maigres.
  • Suspension
    Les six pays décident de suspendre le round de discussions. Pendant ce temps, on se rend compte que des problèmes techniques imprévus vont grandement retarder la restitution des fonds de la Banco Delta Asia à la Corée du Nord. Comme le délégué en chef nord-coréen refuse de revenir à la table des négociations tant que le transfert n’a pas été effectué, les pourparlers sont de fait bloqués. Kim Gye-kwan finira par quitter Pékin sans avoir assisté aux négociations, ne laissant pas d’autre choix aux cinq autres pays que de déclarer une suspension des discussions, sans pour autant fixer de date pour la tenue de la prochaine rencontre.

Questions-clés

Ce 6ème round devait initialement être l’occasion de passer en revue les résultats obtenus par les groupes de travail et de fixer la feuille de route de la dénucléarisation et les mesures de compensation à accorder à la Corée du Nord en échange des actions initiales prises pour la mise hors-service et la déclaration de ses programmes et installations nucléaires. Mais les problèmes techniques concernant les transferts de fonds de la Banco Delta Asia ont en fait été au centre de toutes les préoccupations.

  • Banco Delta Asia
    L’accord passé entre les Etats-Unis et la Corée du Nord concernant la restitution des 24 millions de dollars gelés dans les comptes de la Banco Delta Asia ne peut être appliqué dans les délais à cause de problèmes techniques. Les deux parties voient leurs négociations stagner à cause d’une compréhension qui n’est pas parfaite des systèmes financiers internationaux. Par conséquent, ils ne parviennent pas à anticiper les possibles problèmes de restitution de l’argent à la Corée du Nord. Il faut évidemment, pour passer un ordre de transfert financier, que le titulaire du compte remplisse une demande. Et pourtant, dans le cas des fonds nord-coréens, plusieurs titulaires officiels des comptes sont décédés, ce qui complique considérablement le processus. De plus, ni Pyongyang ni Washington n’avaient prévu que la Banque de Chine, par laquelle l’argent transitait, pourrait refuser l’ordre de transfert. C’est pourtant ce qui est arrivé.
Questions techniques concernant la Banco Delta Asia
Questions techniques concernant la Banco Delta Asia
La Banco Delta Asia - Demande un ordre de virement de la part des titulaires des comptes (plusieurs procédures nécessaires) avant d’effectuer un quelconque virement
La Corée du Nord - Demande un transfert simplifié, manque de compréhension du système bancaire international.
- Ne dispose pas des papiers nécessaires pour près de 50 comptes en banque, enregistrés comme appartenant à des titulaires nord-coréens, des étrangers, des particuliers et des entreprises.
La Banque de Chine - N’a pas pris de décision sur la manière exacte dont elle veut recevoir les fonds.
- a refusé de transférer l’argent nord-coréen, invoquant des inquiétudes sur les risques de crédits qu’elle encourt pour avoir accepté des fonds suspectés d’être illégaux.

Evaluation

Ce round de négociations a heurté un écueil imprévu et peut être considéré comme un des exemples des plus sérieuses erreurs commises de l’histoire des négociations diplomatiques. Comme la rencontre n’a débouché sur aucun progrès, elle peut aussi être considérée comme le moins fructueux de tous les rounds de négociations à six pays de Pékin sur le nucléaire nord-coréen.

Elle n’a toutefois pas été totalement inutile, dans la mesure où elle a amené le lancement des groupes de travail, la réaffirmation par Pyongyang de sa volonté d’honorer les accords du 19 septembre 2005 et du 13 février 2007 et une meilleure compréhension des techniques de négociation nord-coréennes.

Mais ce rendez-vous a surtout souligné à quel point le chemin encore à parcourir serait long et sinueux.

Perspectives et tâches

  • Optimisme à propos de l’application des actions initiales
    La plupart des observateurs et des participants voient ce round comme un fâcheux contretemps. Une fois le problème de la Banco Delta Asia résolu, on ne doute pas que la Corée du Nord prendra les mesures nécessaires pour mettre en œuvre les mesures initiales promises, dont l’arrêt des opérations de ses installations nucléaires. Certains vont même jusqu’à pronostiquer que ce contretemps va accélérer les choses, pour rattraper le temps perdu. Ces prévisions se basent sur la déclaration nord-coréenne de sa volonté de respecter le délai de 60 jours donné lors des accords du 13 février, et que cela permettrait le retour dans le pays des inspecteurs de l’AIEA. Cette thèse s’appuie aussi sur le fait que les négociateurs nord-coréens sont venus participer aux groupes de travail malgré l’impasse dans laquelle se trouvaient les discussions générale à cause du problème de la Banco Delta Asia.
Actions premières
Questions techniques concernant la Banco Delta Asia
Étape 1 Discussions entre la Corée du Nord et l'AIEA pour choisir quels sites nucléaires seront fermés et scellés. Les opérations de cinq installations nucléaires du site de Yongbyon seront arrêtées.
Étape 2 Entrée des inspecteurs de l’AIEA en Corée du Nord Une douzaine d’inspecteurs se rendront en Corée du Nord.
Étape 3 Fermeture La Corée du Nord ferme ses installations nucléaires.
Étape 4 Mise sous scellés Les inspecteurs de l’AIEA scellent les installations.

Tâches

Résoudre le dossier de la Banco Delta Asia

Résoudre le dossier de la Banco Delta Asia n’est juste qu’une question de temps. Dès que les problèmes techniques et logistiques du transfert de fonds seront résolus, Pyongyang recevra, avec l’accord des États-Unis, la totalité de la somme qui avait été gelée. Néanmoins, les problèmes à résoudre ne sont pas aussi simples qu’il n’y paraît.

États-Unis, Japon : gérer les protestations

Dans les deux pays, des manifestants risquent d’organiser des actions afin de critiquer le comportement nord-coréen. Si tel est le cas, cela pourrait ralentir le processus des pourparlers à six. La première tâche consistera donc à convaincre ceux qui s’y opposent à Tokyo et à Washington.

Réponse des autres parties à l’attitude nord-coréenne.

La récente réunion a montré l’attitude rigide de Pyongyang et l’absence de pouvoir discrétionnaire de la délégation nord-coréenne. De plus, les autres parties ont tout simplement perdu leur temps à cause de l’entêtement du Nord.
Tout cela pourrait compliquer les négociations futures qui dépendront de la capacité des délégués des pays à surmonter ces obstacles et à relancer le processus multilatéral.
Selon des sources diplomatiques, si les pays participants exprimaient leur mécontentement vis-à-vis du Nord, et donc compliquaient le processus, alors les pourparlers à six, eux-mêmes, pourraient être remis en question.